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Texto

N. 20 - 19 mai 1992

L'OSSERVATORE ROMANO

Hebdomadaire en langue française 3

Giuseppina Bakhita : 'adualØ permanente des Béatitudes

Giuseppina Bakhita naît en 1869 environ dans la région de Darfur, au Soudan. Sa famille est aisée et appartient au groupe négroïde des Dagiù. ils sont de religion musulmane mais animistes dans les faits.

Vers 6 ou 7 ans Bakhita est enlevée par des négriers et cinq fois de suite elle est vendue sur les marchés d'esclaves. Elle passe d'un patron à l'autre, soumise à des cruautés et des sévices toujours plus impressionnants. On lui fait un tatouage avec 114 incisions et ses blessures sont frottées de sel pour empêcher leur cicatrisation.

La main providentielle qui conduit Bakhíta vers la liberté, l'amène à Khartoum où son patron la vend à l'agent consulaire italien, Callisto Legnagní. Pour la première fois dans sa vie désorientée et habituée à toutes les horreurs de la férocité humaine, Bakhita se sent respectée et almée.

Deux années s'écoulent dans la trangiiillité et la paix, mais le consul est rappelé en Italie. Il entend la laisser mais Bakhita se sent inexplicablement poussée à y aller elle aussi et elle insiste tant qu'elle réussit à convaincre le consul.

A Gênes, Callisto Legnani, sur l'insistance de la femme de son ami Augusto Michíeli, leur cède Bakhita. ils habitent à Zianigo (près de Mirano Veneto), et lorsque naît leur fille Mimmina, Bakhíta en devient la nurse.

L'achat et la gestion d'un grand hôtel à

Suakín sur la mer Rouge obligent Mme Michieli à se rendre auprès de son mari pour l'aider dans ses affaires. Entre temps, sur le conseil de leur administrateur Illuminato Checchíni, Mimmina et Bakhits sont confiées aux sneurs canossiennes de l'institut des catéchumènes à

Venise. Bakhíta veut immédiatement connaître leur Dieu et les religieuses la préparent au baptême par la catéchèse et le témoignage de leur vie.

Le 9 janvier 1890 on lui administre les sacrements du baptême, de la confirmation et la première communion.

Le retour d'Afrique de Mme Michíeli pour venir chercher sa fille oblige Giuseppina à prendre une décision fondamentale pour son avenir. Partir ou rester en Italie ? Avec une grande fermeté Bakhíta décide de rester en. Italie car, dit-elle, « si je reviens en Afrique, je ne pourrai plus aimer le Seigneur ». C'est une épreuve décisive qu'elle franchit aisément, soutenue par une confiance illimitée en Dieu.

Le 7 décembre 1893 elle entre au noviciat des filles de la charité dans la maison des catéchumènes à Venise et le 8 décembre 1896 elle prononce ses voeux temporaires à la maison mère de Vérone. Elle est transférée à Schio où elle travaille comme brodeuse, cuisinière, sacristine et concierge. Le 10 août 1927 elle prononce ses voeux perpétuels à Venise.

Elle meurt à Schio le 8 février 1947. Sa vie simple et humble est faite de petites choses qui l'aident à se construire un chemin de sainteté orienté ves les béatitudes évangéliques. Pauvre en esprit, douce, miséricordieuse, -pure de coeur, artisan de paix, affamée et assoiffée de Dieu... En elle on ne trouve aucune trace d'affirmation personnelle ou de recherche de prestige, mais seulement et toujours une disponibilité totale à la volonté de Dieu. Comme Madeleine, sa sainte fondatrice, elle découvre la réalité ineffable de la Très Sainte Vierge dans sa vie quotidienne. Ses dernières paroles sont : « La Madone, la Madone ! ».

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