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Artículos de la prensa internacional en los años que rodean a la beatificación de Josemaría Escrivá por Juan Pablo II


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Críticas al Opus Dei: una respuesta

Le Figaro (París), 12.5.92 (entrevista de Joseph Vandrisse)

Texto

l o NOTRE VIE

Le Figaro

Paris, France

MARDI 12 MAI 1992

Alors que Mgr Escriva sera béatifié dimanche

par Jean-Paul i l

Le fondateur de l'Opus Dei

i tel qùe je,a1 connu

Dans un entretien exclusifau «Figaro », Mgr del Portillo, qui fut durant quarante ans son plus proche

collaborateur, prend la défense d'un personnage souvent critiqué au sein même de l'Église,

notamment à cause de son attitude au moment du franquisme.

Dimanche prochain, Jean-Paul 11 procédera, place SaintPierre, a deux béatifications : celle de l'Espagnol Mgr José Maria Escrlva de Balaguer, fondateur de l'Opus Del, et celle d'une religieuse soudanaise, Giuseppina Bakhlta, esclave rachetée, morte en Italie le 8 février 1947.

La première de ces béatifications doit rassembler à Rome prés de 120 000 membres de l'Opus Dei et quelque 300 évêques. Elle a suscité de nombreuses polémiques concernant d'abord les options de Mgr Escrivia, Jugées trop élitistes et conservatrices. Dans la revue catholique Italienne, ll Regno, un ancien recteur du séminaire de Madrid parle des méthodes secrètes de l'oeuvre - « la mafia blanche » -, alors que d'autres critiquent l'appui que Jean-Paul Il lui donne. Ils estiment que cette béatification est totalement « Inopportune ».

L'Opus Dei regroupe aujourd'hui dans ie monde, au sein de l'Egllse catholique, 1 423 prêtres, prés de 400 séminaristes et plus de 75 000 laics (1 400 en France) vivant de leur travail professionnel et Influents dans tous les milieux. Le débat que suscite cette oeuvre Importante que Jean-Paul 11 a érigée en 1982 en « Prélature », avec un évêque à sa tête, se situe au coeur de l'engagement des catholiques dans la vie temporelle en vue de la nouvelle évangélisation que prônent les évêques et le pape.

Les responsables de l'Opus Del ont Jusqu'ici peu réagi aux critiques dont ils sont abreuvés. A quelques Jours de la béatillcetion, l'actuel prélat de l'oeuvre, Mgr Alvaro del Portillo, qui fut durant quarante ans le plus proche collaborateur de Mgr Eacrlva, répond aux questions du Figaro.

LE FIGARO. - Qui a peur de José Maria Escrivia ? Manifestement, sa béatification gêne certains chrétiens, des prêtres, voire des évêques...

Mgr DEL PORTILLO. - Elle en intéresse beaucoup d'autres et même les passionne. 11 est plutôt curieux de voir protester des gens qui ne croient pas en l'Église ou qui affirment que la sainteté ne les intéresse pas ! La vie de l'Église nous a

cas présent?

- Le signe, dans ce cas, c'est celui. de l'appel universel à la sainteté. Le concile Vatican 11, en 1964, a merveilleusement mis en lumière le fait que tous les baptisés sont des candidats à la sainteté. Elle n'est pas réservée aux religieux. Ce signe avait été prophétiquement anticipé par Mgr Escriva dés 1928. Son intuition était de faire comprendre_ à chaque chrétien qu'il doit se sanctifier grâce aux réalités terrestres dans lesquelles íi est plongé la famille, la profession, la vie sociale. José Maria apporte la radicalité du message chrétien jusqu'au milieu de la rue, dans un monde qu'il faut, disait-ii, « aimer passionnément ».

- Donc un appel à suivre l'Évangile dans les situations les plus normales, les plus ordlnalres...

- A travers les réalités les plus banales, commentait Mgr Escrivia, et non en dehors d'elles. Le charisme ou le don que le jeune prêtre José Maria avait reçu de Dieu était de projeter cette lumière nouvelle sur une vérité ancienne on la trouve dans les lettres de saint Pãul -, mais alors en grande partie oubliée. Ce qui est nouveau, c'est qu'il a voulu concrétiser cet idéal dans une réalité ecclésiale - l'Opus Dei - destinée à former et à aider des hommes et des femmes qui le mettent en pratique.

- « Béatifier » Escrlva, n'est-ce pas aussi en quelque sorte « canoniser » l'Opus Dei ?

- N'oubliez pas que l'Opus Dei a reçu de Rome son approbation définitive sous Pie XII en 1950. ii est vrai cependant que la béatification confirme le charisme d'un fondateur et un chemin de spiritualité. José Maria a emprunté lu!-même cette voie et a engagé des chrétiens à la suivre.

- Dimanche prochain, l'Eglise reconnaîtra la sainteté d'une autre ligure de l'Église, celle de Giuseppina Bákhita, une religieuse d'origine soudanaise, une esclave rachetée. Unir dans la mémoire de l'Église ces deux figures, n'estce pas une sorte de défi?

- Je pense que cette double béatification, à cause de ce contraste, si vous voulez voir les choses ainsi, met au contraire en valeur la figure de deux chrétiens très différents et manifeste ainsi l'universalité de l'Église. Dans l'ordre de la sainteté, i1 n'y a pas de lutte de classes ou de lutte de races ! Ce qui rapproche ces deux figures, c'est l'essentiel qui les unit : leur identification à Jésus Christ. Évidemment, leur itinéraire est très contrasté, mais cela prouve, encoree une fois, la merveilleuse pluralité des dons de l'Esprit. Cela démontre aussi que tous les chemins approuvés par l'Église peuvent mener à la sainteté.

- Vous avez connu personnellement José Maria Escrlva. Qu'est-ce qui vous frappait en lui?

- 11 affrontait chaque défi

Joseph VANDRISSE

habitués à mesurer les incom

LE VATICAN : préhensions dont ont souffert les saints, spécialement ceux qui ont exercé une influence sur l'Histoire. La sainteté est toujours un appel, un signe et, de toute façon, un signe de contradiction. Par ailleurs, je pense que la cóntestatíon à l'égard de cette béatification est un phénomène limité à certains pays occidentaux et, à l'intérieur de ces pays, à des secteurs concrets, réduits, qui font preuve parfois de préju

. ges.

- Vous parlez d'appel et de signe. En quel sens dans le

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